Explications de vote de Thibault BAZIN pour le groupe Droite Républicaine sur le texte de compromis issu de la CMP pour la PPL visant à accélérer la prévention cardio-neuro-vasculaire et à anticiper un risque sanitaire et social majeur, en séance publique le lundi 20 juillet 2026
Veuillez trouver ci-dessous mon explication de vote sur le texte de compromis issu de la CMP pour la PPL visant à accélérer la prévention cardio-neuro-vasculaire et à anticiper un risque sanitaire et social majeur, en séance publique le lundi 20 juillet 2026 :
« Monsieur le Président,
Madame la Ministre,
Monsieur le Rapporteur,
Chers collègues,
Nous arrivons au vote final de cette proposition de loi sur la prévention des maladies cardio-neuro-vasculaires portée par notre collègue Yannick NEUDER.
Je veux d’abord saluer son action, inspirée par sa connaissance de notre système de santé, et lui rendre hommage pour l’ensemble de son travail. Au Gouvernement comme dans cet hémicycle, il a porté des avancées concrètes pour nos concitoyens.
Le point de départ de cette proposition de loi est simple : notre système de santé dépense beaucoup pour soigner, mais encore trop peu pour prévenir.
La France est le troisième pays de l’OCDE pour ses dépenses de santé. Mais elle ne consacre que 2,3 % de ces dépenses à la prévention, contre 3,4 % en moyenne dans l’OCDE, et 6 à 7 % au Canada et au Royaume-Uni.
Pourtant, l’hypertension concerne près d’un adulte sur trois. L’hypercholestérolémie touche près d’un quart de la population. Et une part importante des personnes concernées l’ignore.
Nous avons donc un problème de méthode. Nous attendons trop souvent que la maladie apparaisse pour intervenir.
Or, dans le domaine cardio-neuro-vasculaire, nous connaissons les principaux facteurs de risque. Nous savons les dépister et nous savons agir.
La question est donc simple : pourquoi attendons-nous encore ? C’est précisément ce que ce texte veut changer : il faut prévenir, plutôt que guérir.
Les rendez-vous de prévention doivent donc devenir de vrais moments de dépistage. La CMP a confirmé ce principe et écarté la condition qui aurait subordonné ces dépistages à une recommandation préalable de la Haute Autorité de santé.
Sans contester le rôle de la HAS, une politique de prévention ne peut pas attendre que chaque mesure soit précédée d’un nouveau verrou procédural.
Quand un facteur de risque est connu, mesurable et qu’une prise en charge précoce permet de réduire le risque d’accident, il faut dépister.
C’est aussi le choix qui a été fait pour les enfants. Dans l’année suivant leur 6ème anniversaire, un rendez-vous de dépistage pourra notamment permettre de rechercher une hypercholestérolémie familiale.
Cette maladie génétique touche environ une personne sur 250. Elle concerne près de 300 000 personnes en France et reste très largement sous-diagnostiquée.
Une maladie détectée à 6 ans, ce n’est pas une maladie découverte après un infarctus à 40 ans.
Le texte améliore également la prise en compte du risque cardio-neuro-vasculaire propre aux femmes.
L’infarctus chez la femme est encore trop souvent diagnostiqué tardivement. Les symptômes peuvent être différents et sous-estimés.
L’entreprise est un milieu à ne pas délaisser. Les Français ne vont pas tous régulièrement chez le médecin. En revanche, ils vont travailler.
Le lieu de travail est donc un lieu où l’on peut toucher des personnes qui sont parfois éloignées du système de soins.
La CMP a rétabli la possibilité de mener, dans le cadre de la santé au travail, des campagnes de dépistage, notamment sur les maladies cardio-neuro-vasculaires.
C’est une mesure concrète qui correspond à une réalité : pour prévenir, il faut aussi aller vers les personnes.
Le texte s’appuie également davantage sur les professionnels qui sont déjà au contact des Français.
Les pharmaciens et les masseurs-kinésithérapeutes pourront mesurer la pression artérielle dans une démarche de prévention.
C’est tout simplement du bon sens. Un professionnel de santé qui mesure une tension élevée peut permettre à une personne de découvrir une hypertension qu’elle ignorait.
Et cette découverte peut éviter, demain, un AVC ou un infarctus.
La prévention, ce n’est pas nécessairement créer un nouveau dispositif. C’est parfois utiliser mieux les professionnels et les lieux qui existent déjà.
La CMP a également conservé un apport important du Sénat : la mise en place d’une stratégie nationale pluriannuelle de lutte contre les maladies cardio-neuro-vasculaires.
Cette stratégie associera notamment les organismes de recherche et devra prendre en compte la réduction des inégalités sociales et territoriales.
La commission mixte paritaire a donc permis de préserver l’essentiel et de trouver un équilibre :
- Les rendez-vous de dépistage sont maintenus.
- Le dépistage des enfants à 6 ans est maintenu.
- Les campagnes de prévention en entreprise sont rétablies.
- Les professionnels de santé de proximité sont davantage mobilisés.
- Et une stratégie nationale pluriannuelle donnera un cadre durable à cette politique.
Nous avons un texte qui fait un choix clair : ne plus attendre l’infarctus, l’AVC ou la complication pour découvrir les facteurs de risque.
Éviter, chaque fois que possible, l’accident et la maladie. C’est une politique de santé plus efficace.
Il faudra bien évidemment poursuivre nos efforts dans quelques mois, au moment de l’examen du PLFSS. J’y serai bien entendu attentif comme rapporteur général, la prévention est aussi un enjeu budgétaire et de soutenabilité de nos finances sociales.
En attendant, nous pouvons nous féliciter de ce pas important. Le groupe Droite Républicaine votera bien entendu en faveur de ce texte issu de la commission mixte paritaire. »
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