Intervention de Thibault BAZIN – Discussion générale sur la proposition de loi visant à réparer les préjudices causés par la transplantation de mineurs réunionnais
Retrouvez en vidéo l’intervention de Thibault BAZIN en Commission des Affaires Sociales lors de la discussion générale sur la proposition de loi visant à réparer les préjudices causés par la transplantation de mineurs réunionnais.
« Monsieur le Président,
Madame la Rapporteure,
Chers collègues,
De 1946 à 1982, la Réunion a vu sa population doubler. Ce changement soudain a laissé place à un bouleversement de la structure familiale que certaines autorités de l’époque ont tenté de freiner en déracinant des mineurs réunionnais pour les déplacer dans des départements ruraux de l’hexagone.
Du début de cette politique de transfert en 1962 à sa clôture en 1984, 2 015 mineurs réunionnais ont été déplacés. Parmi eux, près d’un enfant sur trois envoyé en France hexagonale a été déplacé avant l’âge de 5 ans dans le cadre d’adoptions et de placements familiaux.
L’ensemble de mon groupe condamne bien évidemment ce transfert forcé d’un autre temps, et soutiendra les initiatives mémorielles émanant de cette assemblée. Je tiens à remercier la rapporteure et l’ensemble des groupes qui ont soutenu l’inscription de ce texte à l’ordre du jour.
Je veux néanmoins tordre le cou à certains préjugés que nous pouvons lire ici ou là :
• A l’époque, l’ASE relevait de la DDASS, et non des départements comme aujourd’hui. Nous ne saurions calquer l’ASE de l’époque sur ce que nous connaissons aujourd’hui.
• Les enfants déplacés ont été envoyés dans 83 départements différents sur tout le territoire hexagonal, notamment dans la Creuse qui a donné son nom au phénomène migratoire. Environ 10 % des enfants transplantés ont été accueillis dans la Creuse.
Nous devons donc être extrêmement précautionneux dans la rédaction de cette proposition de loi pour qu’elle soit strictement circonscrite aux faits qui doivent faire l’objet d’une politique mémorielle et réparatrice.
La nouvelle rédaction proposée par la rapporteure va dans le bon sens, et je la remercie pour son sens de l’écoute.
Pour terminer, je voudrais rappeler que cette proposition de loi a une visée mémorielle et réparatrice. Nous devrons nous saisir, dès demain dans cette commission, d’autres véhicules pour améliorer l’aide sociale à l’enfance et les défis posés aujourd’hui et demain. »
