Intervention de Thibault BAZIN – Discussion générale sur le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 (lecture définitive)

Intervention de Thibault BAZIN – Discussion générale sur le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 (lecture définitive)

16 décembre 2025 Hémicycle - retraite Hémicycle - santé PLFSS pour 2026 0

Retrouvez en vidéo mon intervention à la tribune de l’hémicycle lors de la discussion générale sur le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 (lecture définitive).

« Madame la présidente,

Mesdames et Monsieur les ministres,

Monsieur le président de la commission des affaires sociales,

Mes chers collègues,

Nous arrivons aujourd’hui au terme de l’examen du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026, dans un contexte que chacun connaît : des finances sociales contraintes, une situation socio-économique exigeante et une attente très forte de nos concitoyens quant à la capacité de la représentation nationale à être à la hauteur des enjeux.

Je voudrais commencer par un mot de vérité et d’humilité. Ce texte n’est pas mon budget rêvé.

Ce n’est pas non plus le budget initial du Gouvernement : il a été profondément retravaillé, corrigé, amélioré, pour en retirer l’essentiel des « irritants » qui avaient suscité des inquiétudes légitimes.

Ce n’est pas davantage un budget « socialiste », comme certains aiment à le caricaturer. Si tel avait été le cas, nous aurions vu apparaître une multiplication de taxes, de cotisations et de prélèvements supplémentaires. Or ce n’est pas la réalité du texte qui nous est soumis aujourd’hui.

Alors que nous nous apprêtons à nous prononcer définitivement sur ce projet, je veux donc répondre clairement à un certain nombre de caricatures.

Non, ce PLFSS n’est pas un « hold-up fiscal ». Non, ce n’est pas « le pire budget depuis dix ans ».

Les professionnels de santé ont été préservés, avec un effort réel de stabilisation et de lisibilité, et surtout du respect des négociations conventionnelles.

Nos aînés n’ont pas été pris pour variable d’ajustement, grâce à la suppression de l’année blanche sur les retraites.

Les actifs n’ont pas vu leur travail davantage pénalisé par de nouvelles charges. Au contraire, l’extension à toutes les entreprises des exonérations de cotisations sociales patronales sur les heures supplémentaires pourra leur redonner du pouvoir d’achat.

Ce texte repose en fait sur une ligne claire et simple : doter la France d’une loi de financement de la sécurité sociale afin de ne pas ajouter de l’instabilité à l’instabilité et ne pas fragiliser davantage ceux qui prennent soin au quotidien de ceux qui en ont besoin, à l’instar de nos pharmacies de proximité.

Je veux aussi souligner la méthode qui a présidé à l’élaboration de ce budget. Le travail parlementaire, qui a été conduit, a été exigeant, parfois âpre, mais profondément respectueux de l’esprit dans lequel notre protection sociale a été fondée, sans compromission. Chaque amendement, chaque article, chaque partie ont été débattus et tranchés au grand jour par le vote de notre assemblée.

Dans l’esprit du Conseil national de la Résistance, des femmes et des hommes de sensibilités différentes ont su, ici, s’entendre sur l’essentiel : protéger face aux risques et assurer la continuité de notre modèle social tout en s’appuyant sur le travail comme socle de la solidarité.

Ce budget comporte des avancées réelles : pour la retraite des femmes, pour les agriculteurs ou en matière de prévention en santé.

Il ne règle pas tout, bien sûr. Il ne prétend d’ailleurs pas tout régler. Mais il amorce un redressement par rapport à la trajectoire de 2025, avec un déficit élevé mais qui cesse de se creuser mécaniquement.

Je veux toutefois rappeler une évidence : on ne sauvera pas notre système de protection sociale uniquement par des hausses de prélèvements ou des ajustements comptables. On le sauvera par plus de travail, plus d’emploi, plus d’efficacité et plus de justice.

Je le dis avec clarté : des réformes structurelles sont nécessaires, indispensables mêmes pour relever nos défis démographiques. Mais elles n’ont pas vocation à être menées dans un texte budgétaire annuel, contraint par le calendrier et par l’urgence.

Dès 2026, il faudra des réformes sur :

– la valorisation du travail, pour que l’activité soit toujours plus rémunératrice que l’inactivité ;

– la simplification de notre système, devenu trop complexe et parfois illisible ;

– la lutte déterminée contre les fraudes, qui minent la confiance des assurés et la soutenabilité des régimes ;

– la réalisation d’économies sur les dépenses inutiles, redondantes ou parfois même dangereuses, sans jamais renoncer à la qualité des soins ni à la protection des plus fragiles.

Enfin, nous devrons collectivement œuvrer à la préservation de notre système de protection sociale en agissant sur le levier le plus puissant et le plus juste : l’amélioration durable du taux d’emploi. C’est la condition du retour à l’équilibre qui nous oblige car il est au fondement du principe de solidarité intergénérationnelle.

Et cette solidarité ne doit pas être fragilisée par les excès de la financiarisation qui tend parfois à détourner notre système de sa finalité première : protéger les personnes (et non maximiser des rendements).

Mes chers collègues,

Ce PLFSS pour 2026 n’est pas parfait. Mais c’est un budget de la sécurité sociale nécessaire pour offrir visibilité et stabilité à tous les acteurs, issu d’un travail parlementaire exigeant au service de l’intérêt général.

Pour toutes ces raisons, et par sens des responsabilités, je vous invite à l’adopter afin de faire œuvre utile pour les Français. »

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