20e Rencontre sur le Cancer
Le mardi 14 avril s’est tenue la 20ᵉ rencontre sur le cancer, co présidée par Thibault Bazin, député de Meurthe-et-Moselle et rapporteur général de la commission des affaires sociales, aux côtés de Jean-Carles Grelier, député de la Sarthe, et de Jean-François Rousset, député de l’Aveyron. Cette rencontre a été l’occasion de dresser un état des lieux de la situation en France, tout en mettant en lumière les avancées médicales et les défis à venir.
Le constat est sans appel : le cancer demeure la première cause de mortalité en France, avec près de 433 000 nouveaux cas recensés en 2023. Au-delà de ces chiffres, les intervenants ont insisté sur les fortes disparités d’accès au dépistage organisé, révélatrices d’inégalités territoriales et sociales persistantes.
Les facteurs de risque restent largement identifiés. Le tabac et la consommation d’alcool continuent de jouer un rôle majeur dans la progression des cancers. À cela s’ajoutent des habitudes de vie préoccupantes : une large majorité de la population ne consomme pas suffisamment de fruits et légumes, la consommation de sel demeure élevée, tandis que la sédentarité, les troubles du sommeil et certains épisodes dépressifs contribuent également à dégrader l’état de santé global.
Face à ces constats, le développement de la prévention apparaît encore insuffisant, malgré son rôle déterminant pour réduire l’incidence de la maladie à long terme.
Dans le même temps, la médecine connaît des avancées considérables. La montée en puissance de la médecine personnalisée permet aujourd’hui d’adapter les traitements au profil spécifique de chaque patient. L’essor de l’immunothérapie constitue également une révolution majeure : en mobilisant le système immunitaire contre les cellules cancéreuses, ces traitements offrent de nouvelles perspectives thérapeutiques.
La recherche française joue un rôle de premier plan dans ces progrès, tout comme le développement des soins de support. Ces derniers, qui incluent la gestion de la douleur, la prévention des effets secondaires comme les nausées, ou encore l’accompagnement psychologique, contribuent à améliorer significativement la qualité de vie des patients.
Ces avancées ont été rendues possibles grâce à un engagement constant des pouvoirs publics, notamment à travers les différents plans cancer déployés depuis 2003. Toutefois, cette dynamique s’accompagne d’une hausse importante des coûts.
Les traitements innovants atteignent désormais des niveaux très élevés, avec un coût moyen estimé à 60 000 euros par patient et par an. Les thérapies CAR-T cells, parmi les plus prometteuses, peuvent quant à elles coûter entre 300 000 et 350 000 euros par patient, tout en offrant des taux de rémission plus élevés.
Par ailleurs, le dispositif d’autorisation d’accès précoce, mis en place en 2021 pour remplacer les autorisations temporaires d’utilisation, permet aux patients d’accéder plus rapidement à des traitements innovants avant leur validation définitive. Ce mécanisme a cependant entraîné une forte augmentation des dépenses, qui ont atteint 1,5 milliard d’euros en 2023.
Dans ce contexte, la hausse du prix des médicaments apparaît comme l’un des principaux facteurs de dégradation des finances de la Sécurité sociale en 2024.
La France se trouve ainsi confrontée à un défi majeur : concilier l’accès équitable aux innovations thérapeutiques avec la soutenabilité financière du système de santé. Entre creusement des inégalités sociales et pression budgétaire croissante, l’équation est complexe.
Pour y répondre, plusieurs pistes sont avancées, parmi lesquelles la régulation des prix des médicaments, le développement d’accords de performance avec les industriels, ainsi qu’un investissement renforcé dans la prévention. Autant de leviers indispensables pour réduire, à long terme, le poids du cancer sur la société et les finances publiques.

