INTERVENTION THIBAULT BAZIN – HÉMICYCLE 17/06 – AMÉLIORER L’ACCÈS AU LOGEMENT DES TRAVAILLEURS DES SERVICES PUBLICS

INTERVENTION THIBAULT BAZIN – HÉMICYCLE 17/06 – AMÉLIORER L’ACCÈS AU LOGEMENT DES TRAVAILLEURS DES SERVICES PUBLICS

19 juin 2026 Hémicycle - logement 0

Retrouvez ci-dessous mon intervention sur la lecture des conclusions de la Commission Mixte Paritaire de la proposition de loi visant à améliorer l’accès au logement des travailleurs des services publics lors de la séance de l’Assemblée Nationale du mercredi 17 juin 2026 :

Madame la Présidente,

Monsieur le Ministre, 

Monsieur le Président de la Commission, 

Madame la Rapporteure, 

Je souhaite tout d’abord saluer le travail accompli par la commission mixte paritaire, qui a confirmé en grande majorité les avancées utiles qu’apporte ce texte. Elles témoignent d’une prise de conscience partagée, le logement n’est donc pas un sujet secondaire : il est le socle à partir duquel chacun peut construire sa vie, accéder à l’emploi, fonder une famille ou développer ses projets. Ainsi, une étude de l’UNAF identifie la difficulté d’accéder à un logement adapté comme un des freins à l’accueil d’un enfant supplémentaire au sein du foyer. Les enjeux du logement et du travail sont aussi profondément liés. Sans logement accessible, il devient plus difficile de se former ou de saisir des opportunités professionnelles, notamment dans les territoires en tension.

Car une réalité s’impose désormais à nous : dans la France d’aujourd’hui, travailler ne garantit plus de pouvoir se loger dignement. La crise du logement non seulement frappe durement les agents publics, mais elle touche également des millions de salariés qui, malgré leur travail et leurs efforts, peinent à accéder à un logement adapté à leurs besoins et à leurs moyens.

Pour les agents de la fonction publique, la situation est particulièrement préoccupante. En 2023, sur plus de 105 000 demandes de logement formulées, seules 21 000 ont pu être satisfaites. Autrement dit, quatre agents sur cinq restent sans solution malgré les dispositifs existants. Ce constat doit nous interpeller collectivement, car il révèle les limites d’un système qui ne répond plus suffisamment aux besoins de ceux qui font vivre nos services publics.

Cette crise du logement est devenue un véritable facteur de désaffection pour la fonction publique. Elle complique les recrutements, freine les mobilités et décourage parfois des vocations pourtant indispensables à notre pays. 

Comment accepter qu’une infirmière, une policière, une enseignante ou une aide-soignante exerçant en Île-de-France consacre chaque jour trois ou quatre heures aux transports ? Élu de Meurthe-et-Moselle, je mesure pleinement cette réalité au contact des jeunes originaire du territoire qui peinent à trouver un logement quand ils reçoivent leur affectation en Ile-de-France. 

Celles et ceux qui assurent chaque jour nos missions essentielles de santé, de sécurité, d’éducation ou de solidarité doivent pouvoir se loger à proximité de leur emploi. C’est une exigence de justice sociale, mais aussi une condition indispensable au bon fonctionnement du service public.

La proposition de loi apporte à cet égard des réponses concrètes. Elle facilite l’accès aux logements de fonction dans le parc social, renforce les droits de réservation au bénéfice des agents publics, étend l’exception du principe de gestion en flux des logements sociaux aux métiers liés à la sécurité, favorise la mobilisation du foncier public et clarifie les conditions de gestion des logements relevant des employeurs publics. Ces mesures ne régleront pas à elles seules la crise du logement, mais elles constituent des avancées utiles et attendues.

Pour autant, nous ne devons pas perdre de vue que cette crise dépasse largement le seul cadre de la fonction publique. Elle touche aujourd’hui l’ensemble du monde du travail. Plus d’un million de salariés vivent avec moins de 1 000 euros par mois. Dans une société où le travail ne protège plus suffisamment contre la précarité, la situation des jeunes actifs est particulièrement préoccupante.

Dans les grandes métropoles, un salarié rémunéré au SMIC doit souvent consacrer près de la moitié de ses revenus à son logement. Beaucoup d’entre eux remplissent pourtant les critères d’accès au logement social sans pour autant bénéficier d’une priorité suffisante dans les attributions. Cette situation nourrit un sentiment légitime d’incompréhension chez ceux qui travaillent, contribuent à la richesse nationale et aspirent simplement à vivre dignement de leur activité.

C’est pourquoi nous devrons aller plus loin demain. Renforcer la cohésion sociale et préserver notre pacte républicain suppose de mieux reconnaître la place des travailleurs dans les politiques de logement. Nous l’avons affirmé lors de la journée d’initiative parlementaire du groupe Droite républicaine : le logement social doit être conçu comme un levier d’émancipation, un outil de stabilisation des parcours de vie et un tremplin vers l’accession à la propriété.

Nous défendons une idée simple : le travail doit permettre de construire sa vie, de fonder une famille, de se projeter dans l’avenir. Une société équilibrée est une société où chacun peut vivre dignement du fruit de son travail, où l’effort est reconnu et où l’accès au logement n’est pas un obstacle mais une opportunité.

C’est dans cet esprit que le groupe de la droite républicaine soutiendra les avancées contenues dans cette proposition de loi. 

Je vous remercie. 

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