Intervention lors de l’examen de la proposition de loi visant l’augmentation des salaires et des pensions en Commission des affaires sociales
Je suis intervenu lundi 19 octobre, lors de l’examen de la proposition de loi visant l’augmentation des salaires et des pensions en Commission des affaires sociales.
Retrouvez la vidéo ainsi que le texte de mon intervention :
Monsieur le Président,
Monsieur le Rapporteur,
Chers collègues,
Le pouvoir d’achat est une préoccupation majeure des Français. Nous le savons, et votre PPL part donc d’une intention légitime. Avec une inflation désormais supérieure à 3% et des prix de l’énergie qui ne retombent pas, beaucoup de nos concitoyens voient leur budget durablement fragilisé surtout dans nos territoires où l’usage de la voiture est nécessaire pour la vie au quotidien. Dans ma circonscription, beaucoup m’alertent à ce sujet.
En 2024, le salaire net moyen du privé a progressé de 0,8 % en euros constants selon l’Insee. Et la moitié des salariés du privé gagne moins de 2 190 euros nets par mois.
Oui, il faut mieux rémunérer le travail. Oui, il faut protéger nos retraités les plus modestes. Mais encore faut-il proposer des solutions qui fonctionnent. Il ne suffit pas de le décréter et de raser gratis. Or là avec ce que vous proposez vous risquez de mettre en difficulté bon nombre d’employeurs… ce qui se retournerait contre les salariés. Il faut pouvoir s’adapter au contexte propre à chaque entreprise et à chaque secteur.
Avec ce que vous proposez, vous risquez aussi de générer des injustices au sein des entreprises annihilant tous ceux qui ont un meilleur salaire grâce à leur expérience et leur implication. Ce nivellement par le bas est en quelque sorte une spirale anti-mérite.
Sur les petites pensions, nous partageons l’objectif de protéger les plus fragiles. Mais c’est le même raisonnement : comment le financer ?
Créer une nouvelle caisse financée par les grandes entreprises, avec un barème renvoyé au règlement, ne constitue pas une réponse suffisamment précise ni sérieuse.
La Droite Républicaine fait un autre choix : valoriser le travail, mieux le rémunérer, permettre aux salariés de conserver davantage de leur salaire net et soutenir les petites pensions, sans sacrifier l’emploi ni aggraver les déficits.
Nous avons d’ailleurs obtenu, dans la LFSS pour 2026, des gains de pouvoir d’achat pour tous ceux qui font des heures supplémentaires.
Je crois qu’il est irresponsable de faire croire à nos concitoyens que de telles PPL peuvent améliorer leur quotidien d’un coût de baguette magique. Même si je comprends bien les besoins d’une campagne électorale, cela affaiblit la parole politique.
Pour ces raisons, nous voterons contre cette proposition de loi.
