Non aux 80 kilomètres par heure

Député de la 4ème circonscription de Meurthe-et-Moselle

Non aux 80 kilomètres par heure

4 mars 2018 Ruralité 0

J’ai co-signé avec plus de 50 collègues une PROPOSITION DE RÉSOLUTION demandant au Gouvernement de renoncer à l’abaissement, à 80 kilomètres par heure, de la vitesse maximale autorisée sur le réseau routier secondaire,

Considérant que le lien entre l’abaissement de la vitesse maximale autorisée sur le réseau routier secondaire et la baisse de la mortalité routière n’est à aucun moment démontré ;

Considérant que cette mesure est injuste et pénalisante pour les habitants des territoires ruraux ;

EXPLICATIONS
Le Gouvernement a annoncé que la vitesse maximale autorisée sur le réseau routier secondaire serait abaissée, le 1er juillet prochain, de 90 à 80 kilomètres par heure.

Cet abaissement généralisé de 10 kilomètres par heure de la vitesse maximale autorisée sur un réseau routier de 400 000 kilomètres pénalisera les habitants des territoires ruraux, qui n’ont pas d’alternative pour se déplacer dans leur vie de tous les jours.

La diminution du nombre de victimes d’accidents de la route est un objectif essentiel de toute politique de sécurité routière, mais il reste entièrement à démontrer que cette mesure contraignante et généralisée à l’ensemble du réseau routier secondaire est susceptible d’y contribuer.

D’une part, des éléments objectifs font cruellement défaut pour évaluer l’utilité et la légitimité de la mesure annoncée par le Gouvernement. Une expérimentation (menée sur 84 kilomètres de routes nationales sur les quelques 400 000 kilomètres que compte notre pays) a certes été menée de juillet 2015 à juillet 2017 – notamment dans le département de l’Yonne sur la RN 151 – afin de déterminer l’impact de cette mesure sur l’accidentologie, mais aucun bilan détaillé n’a depuis été rendu public. Au demeurant, les études menées dans des pays voisins comme le Danemark et la Suisse n’établissent pas de lien entre réduction de la vitesse moyenne et baisse de la mortalité sur la route. Il est à craindre, au contraire, que la diminution à 80 kilomètres par heure de la vitesse autorisée, sans différenciation entre les poids lourds et les autres véhicules, ne se révèle, hélas, accidentogène.

D’autre part, plutôt que d’adopter des mesures improvisées, le Gouvernement devrait mieux prendre en compte les causes structurelles de l’insécurité routière. Il apparaît en effet que le mauvais état des routes (dans un contexte de dégradation continue du réseau routier et de diminution des dotations de l’État aux conseils départementaux) et l’altération de l’attention des conducteurs (par l’utilisation indue du téléphone portable au volant ou l’usage de stupéfiants) sont des causes bien plus importantes d’accidents que la vitesse à 90 kilomètres par heure.

Dans ce contexte, la présente proposition de résolution vise à demander au Gouvernement de renoncer à l’abaissement de la vitesse maximale autorisée sur le réseau routier secondaire à 80 kilomètres par heure, mesure qui constitue une pénalité importante pour les habitants des territoires desservis uniquement par la route, et qui ne procède d’aucune analyse sérieuse.

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *